La petite auto (Guillaume Apollinaire)

Dijimos adiós a toda una época… Mucho me gusta este poema, mucho. Lo leo estos días cuando los libros se me caen de las manos y si los abro, y sostengo la atención cuanto puedo en la lectura, es para no naufragar del todo… A Guillaume Apollinaire «la época nueva», Guerra Mundial+Gripe Española, se lo llevó por delante: los muertos temblaban de miedo en sus sombrías moradas

LA PETITE AUTO

Le 31 du mois d’Août 1914
Je partis de Deauville un peu avant minuit
Dans la petite auto de Rouveyre
Avec son chauffeur nous étions trois
Nous dîmes adieu à toute une époque
Des géants furieux se dressaient sur l’Europe
Les aigles quittaient leur aire attendant le soleil
Les poissons voraces montaient des abîmes
Les peuples accouraient pour se connaître à fond
Les morts tremblaient de peur dans leurs sombres demeures
Les chiens aboyaient vers là-bas où étaient les frontières
Je m’en allais portant en moi toutes ces armées qui se
battaient
Je les sentais monter en moi et s’étaler les contrées où 
elles serpentaient
Avec les forêts les villages heureux de la Belgique
Francorchamps avec l’Eau Rouge et les pouhons
Région par où se font toujours les invasions
Artères ferroviaires où ceux qui s’en allaient mourir
Saluaient encore une fois la vie colorée
Océans profonds où remuaient les monstres
Dans les vieilles carcasses naufragées
Hauteurs inimaginables où l’homme combat
Plus haut que l’aigle ne plane
L’homme y combat contre l’homme
Et descend tout à coup comme une étoile filante
Je sentais en moi des êtres neufs pleins de dextérité
Bâtir et aussi agencer un univers nouveau
Un marchand d’une opulence inouïe et d’une taille prodigieuse
Disposait un étalage extraordinaire
Et des bergers gigantesques menaient
De grands troupeaux muets qui broutaient les paroles
Et contre lesquels aboyaient tous les chiens sur la route

TestPetite auto3

Et quand après avoir passé l’après-midi
Par Fontainebleau
Nous arrivâmes à Paris
Au moment où l’on affichait la mobilisation
Nous comprîmes mon camarade et moi
Que la petite auto nous avait conduits dans une époque
                            Nouvelle
Et bien qu’étant déjà tous deux des hommes mûrs
Nous venions cependant de naître

Aquí el poema en castellano, en traducción de Agustí Bartrá

3 comentarios en “La petite auto (Guillaume Apollinaire)

  1. Pingback: La petite auto (Guillaume Apollinaire) — vivirdebuenagana – Conavegación | Blogosfera

  2. Qué poema … Conservaba aún Apollinaire un , llamémosle así, cierto optimismo : nacía una nueva época . Pero todo era y es circular . Seguimos dando vueltas y más vueltas …

    Le gusta a 1 persona

    • Se fue al frente y pasó la guerra casi entera en las trincheras, en la artillería creo recordar… lo mató la gripe española, creo recordar que lo enterraron el mismo día que se declaró el armisticio (eso contaba Blaise Cendrars)

      Me gusta

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